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Tour d'ivoire

Mon très humble palmarès des slasher movies pour l’halloween

Gabriel Marquis
24 octobre 2012

Je ne sais trop ce qui est arrivé au printemps, mais je me suis creusé un caveau hermétique pour relaxer, avoir la paix et ne plus avoir de contact avec le monde extérieur. Bon, ça a plus ou moins marché, mais disons que le bloggeur était six pieds sous terre avec les griffes loin du clavier. Mais à l’aube de l’Halloween, il réssuscite un petit moment question de vous présenter son palmarès amateur des films d’épouvante (tadam!- ajouter musique grandiloquente).

J’ai vu que beaucoup d’internautes le faisaient et en tant que fan d’hémoglobine de série Z à A positif, j’ai eu envie de faire pareil. Cela dit, j’ai remarqué que la plupart des palmarès passaient au mixer toutes les sous-catégories de films d’horreur. Eh bien pas moi, ô lecteur avisé, saches que pour ton plaisir je me concentrerai sur une catégorie j’aime bien. Celle où des adolescents naïfs se font taillader par un maniaque après usage de stupéfiants ou partie de touche-pipi pour rétablir une morale pervertie par les années 70, j’ai nommé les slasher movies, rois de la décennie 80!

Ah oui, j’oubliais…Les gens font souvent des top 5 ou des top 10. Moi, je trouve que les top 5 c’est trop difficile et les top 10, c’est trop long. J’ai donc opté pour un top 6.

NB: Selon Wikipédia, le slasher est « un genre cinématographique, sous-genre de film d’horreur et du film d’exploitation, mettant en scène les meurtres d’un tueur psychopathe, généralement masqué, qui élimine méthodiquement un groupe d’individus, souvent jeunes, à l’arme blanche (…) L’étymologie vient du verbe to slash, qui signifie « taillader », allusion au fait que l’assassin utilise souvent des objets tranchants pour commettre ses meurtres. »

6- Friday the 13th pt.2 (1981)

Au-delà de la notoriété de la grosse brute au masque d’hockey, je n’ai jamais trouvé que la série Friday the 13th était un chef d’œuvre de l’horreur. En fait, après non moins de 11 films, on se lasse assez vite d’une bande d’adolescents assez cons pour retourner à Crystal Lake aux lendemains de chaque carnage qui précède un nouveau film. Rapidement, on se prend à fast fowarder jusqu’à la prochaine scène de boucherie. Pas étonnant que les créateurs de la série aient été jusqu’à téléporter l’abruti de Jason Voorhees dans l’espace pour nous faire marrer.

N’empêche que…. Les trois premiers films de la série ont porté au box-office les règles d’or du slasher movie : « mettre une bande d’adolescents en rut ensemble dans un endroit éloigné de tout adulte et les tuer un par un » (tel quel dans le coffret DVD de la série). Exit le premier vendredi 13 puisque, comme vous devriez le savoir, c’est la mère de Jason (Jackie dans la version française) qui commet les meurtres au nom de son enfant supposément mort (oups!).

Bon, maintenant que le grand secret est dévoilé, le deuxième volet campe le personnage de Jason, finalement vivant, qui tente de venger sa mère en découpant en morceaux tous les jeunes qui ont le malheur de s’approcher de Crystal Lake. Ça tombe plutôt mal pour la dizaine de moniteurs de camps qui y suivent justement une formation ! Selon moi, ce film est le plus emblématique (et le meilleur) de la série qu’on ne peut passer sous silence. Humour juvénile, sexe, personnages caricaturaux, hémoglobine, référence douteuse à Psycho… Tout y est!

Ah oui, il faut attendre le troisième opus avant que le monstre n’arbore son masque fétiche… désolé, il fallait faire un choix!

5-Slaughter High (1986)

Encore une fois, un de mes slashers préférés pour son nombre de clichés dans le genre. Il y a Marty, le nerd, celui avec les grosses lunettes-pré-hypster-donc-pas-cool dont tout le monde se moque et… les autres du lycée. Des sportifs, des clowns et des poulettes de services. À l’occasion du poisson d’avril, ceux-là font une farce à Marty…le genre qui fait littéralement perdre la face. Il n’apprécie pas du tout. C’est pourquoi il les convie plusieurs années plus tard à une célébration de retrouvailles à leur ancienne école, maintenant désaffectée. Et le massacre commence!

Outre le décor de la vieille l’école abandonnée qui est vraiment génial pour les scènes de poursuites, j’aime bien l’esthétique très 80’s et les réactions irrationnelles des personnages (baiser ou prendre un bain ne sont pas exactement ce que des gens dotés de capacités cognitives feraient en pareil cas).

À noter que Marty bas Jason à plat de couture dans la catégorie originalité des meurtres psychotiques!

4-Nightmare on Elm Street part 3: Dream Warriors (1987)

À l’instar de Jason Voorhees, le nom de Freddy Krueger est si familier que le personnage en arrive à être moins terrifiant, voir sympathique. Pourtant, au départ, la créature créée par Wes Craven était un véritable cauchemar avec ceci d’inédit : elle n’avait pas d’existence physique et vous tuait dans vos rêves. De quoi donner un nouveau sens à l’expression «ne pas fermer l’œil de la nuit » pour toute une génération d’enfants des années 80.

Bien que construite autour d’un personnage fantastique, la série Nightmare on Elm Street respecte la plupart des règles des slashers, quoiqu’avec une originalité qui fait sa force. Malheureusement, comme Friday the 13th, elle est devenue une caricature grossière au fils des suites navets et d’un remake inutile. Cependant, son troisième volet est une exception notable. Prenant racine autour d’enfants internés pour problèmes psychotiques, il exploite mieux que jamais le concept de la série à mi-chemin entre la réalité et le rêve, entre le cauchemar réel d’un hôpital psychiatrique et celui mortel des griffes de Krueger. À mon sens, ce volet est aussi bon que l’original, voir meilleur parce que l’univers de la série y est déjà bien campé.

3- Stage Fright (Aquarius / Déliria) (1987)

Un classique peu connu! Un psychopathe s’évade de l’asile et intègre le personnage d’un tueur à la grosse tête de hiboux dans la générale d’une pièce de théâtre dirigée par un cocaïnomane mégalomane. Très vite, les protagonistes comprennent qu’ils sont en présence d’un comédien un peu trop zélé lorsque la première victime de la pièce n’est pas seulement étranglée comme le veut le script, mais massacrée à coups de couteau! S’en suivra notamment quelques lésions à la tronçonneuse.

Si le tout peut paraître grotesque a priori, le film trouve son intérêt dans le huis clos dans lequel il plonge ses personnages, dans la mise en scène très théâtrale de Michele Soavi, ainsi que dans la grosse face impassible du hiboux-tueur qui finit par vraiment donner le frisson.

2- Scream (1996)

Ses années de gloire loin derrière lui, Wes Craven revient avec ici avec un succès critique et commercial inespéré. Dans les années 90, le slasher est synonyme d’une production standardisée de navets et de franchises qui comptent tellement de suites aussi improbables qu’inutiles qu’elles deviennent des parodies d’elles-mêmes. Or, c’est exactement ce qu’exploite Scream.

Dans un hybride d’horreur et de comédie, le créateur de Freddy, de Last House on the Left et de The Hills have eyes revisite les codes du genre qu’il a contribué à ériger via ses films et les ridiculise savamment. La chose s’avère assez subtile pour ne pas tomber dans la grosse farce à la Scary Movie (qui parodie lui-même Scream) et les références multiples aux classiques de l’horreur sont un hommage que les fans d’hémoglobine ont pu apprécier dans un contexte blasé.

Ajoutons à ça le côté « film policier », dans la mesure où le (ou les) tueur est parmi les protagonistes, mais identifié seulement à la toute fin, une denrée rare, voir inédite du slasher à l’époque.

1-Halloween (1978)

Michael Myers n’a rien à envier à Jason sur le plan du tueur psychotique…et le premier opus de la série Halloween plante d’aplomb son rival (qui s’en inspire d’ailleurs). Et pour cause! Le film de John Carpenter dénote une véritable démarche artistique qui capture en image tout le sens des mots sinistre et frayeur. Il ne mise d’ailleurs pas tant sur les effusions de sang que sur l’aura inquiétante du personnage. Du masque inexpressif et livide de Myers aux plans-séquences à la première personne, la démence du tueur de sang-froid est palpable.

Mettant en place les conventions du genre, Halloween est un classique, un must pour quiconque veut comprendre l’esprit du slasher movie. À noter que les débuts de Jamie Lee Curtis ne sont pas étrangers à la légende.

Pas encore de commentaire.

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Gabriel Marquis

Du haut de ma tour, je ne juge rien. J'suis pas nécessairement l'exemple qu'on donne aux enfants.

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